Coup de projecteur archéologique : la croix pattée mérovingienne

 
La croix pattée mérovingienne (seconde moitié du 7ème s. ap. JC)
 
Témoignage incontestable de la présence d'une foi chrétienne à Audun, elle fut découverte en 1970 sur le site de la nécropole. Cette sculpture en pierre calcaire local est unique, car elle n'a pas d'équivalent dans le monde mérovingien. Elle figure une croix en trois dimensions à un degré d'élaboration rarement égalé à cette époque. La croix, qui se compose de trois branches triangulaires tournées vers l'intérieur et d'une quatrième longiligne et verticale qui la rattache à une base rectangulaire. 
 
Le caractère exceptionnel de cette sculpture est renforcé par différents éléments gravés sur toute sa surface. La branche triangulaire supérieure présente une schématisation ressemblant à un individu les pieds joints les bras écartés (le Christ en croix ?). La branche longiligne verticale est striée d'une croix et d'une série de traits horizontaux. Sur la base rectangulaire, figure une rosace à sept pétales contenue dans un rond. La signification de ces gravures nous échappe encore en partie, la rosace pouvant tout à fait être la figuration du soleil vénéré par les païens et un symbole chrétien se référant à la création du monde par Dieu (un pétale par jour de la semaine), ou peut-être la conjonction des deux (politique de récupération des croyances païennes par la nouvelle religion, s'inspirant de la récupération des cultes barbares par les Romains et leur transposition dans leur panthéon). A noter la présence de deux petites dépressions circulaires à la conjonction des trois branches triangulaires et au centre de la rosace. Elle témoigne de l'utilisation d'un compas pour définir les limites de taille pour les branches et celles du cercle entourant la rosace. Même de facture sommaire, c'est bien un sculpteur doté de certaines connaissances stylistiques acquises dans un atelier d'art (monastique ?) qui réalisa cette oeuvre majeur de l'art mérovingien.
 
La base a été retrouvée dans une zone vide de tombes dans la partie septentrionale de la nécropole, la plus récente, celle où se trouve la plus grande concentration de sarcophages et de tombes d'enfant. La présence d'un amas de pierre dans cette partie est peut-être à lier à un oratoire en plein air pour des offices ou des célébrations sur le site même de la nécropole. En prenant en considération tous les autres symboles chrétiens retrouvées gravés sur les couvercles de sarcophage ou sur les bagues dans les tombes féminines, nous pouvons affirmer que la religion catholique a été pratiquée par au moins une partie de la communauté audunoise à partir de 650 ap. JC et qu'elle est peut-être à l'origine de l'abandon de la nécropole à la fin du 7ème siècle. Un oratoire, sous la forme d'une chapelle, a probablement été construit ailleurs et les corps inhumés autour de lui.
 
(Photo : SAHLA, texte inspiré de la bibliographie reprise sous l'onglet "Médias")



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