Deux peintres audunois à découvrir : Jean-Baptiste Hilaire et François Ponsin

Jean-Baptiste Hilaire : un peintre méconnu du 18ème siècle

Parmi les peintres qualifiés aujourd'hui de "petits maîtres du 18ème siècle", il en est un qui demeure méconnu, l'Audunois Jean-Baptiste Hilaire.

Il est né le 16 juillet 1751 à Audun de Jean-François Hiller (patromyne qui en se francisant deviendra Hilaire) et de Marie-Calixte Ronfort. La profession du père nous est inconnue, mais on sait qu'il est le fils d'un ancien régent d'école d'Audun. Le jeune Jean-Baptiste s'inscrit en mars 1786 à l'Académie Royale de Peinture et de Sculpture de Paris. Il est accueilli dans la ville par son oncle durant six ans et mène ses études artistiques. Il est l'élève du peintre Clérisseau et entre relation avec le peintre et sculpteur Jean-Baptiste Leprince, originaire de Metz. 

En 1776, âgé de 25 ans, il s'embarque sur l'"Atlante" pour un périple dans les îles grecques et en Orient. Il réalise une centaine de planches qui illustreront le Voyage en Grèce publié en trois volumes en 1782. Cette oeuvre est considérée comme l'un des plus beaux ouvrages à gravures du 18ème siècle. Son talent d'orientaliste est désormais reconnu et ses oeuvres s'exposent à plusieurs reprises à Paris. L'artiste mène maintenant une existence dorée. C'est sans inquiétude qu'il traverse la tourmente révolutionnaire et produit au moins jusqu'en 1796. Il ne fait alors plus parler de lui et on ignore encore aujourd'hui la date et le lieu de son décès.

Deux de ses oeuvres sont toujours exposées au Louvre (La Lecture - photo en haut à gauche - et La Musique), le Cabinet des Estampes conserve une douzaine de ses aquarelles et nombre d'entre elles appartiennent à des collections privées françaises et américaines.

(Photo La Lecture : Musée du Louvre)

François Ponsin : peintre et chroniqueur d'Audun-le-Tiche

Au travers de son oeuvre picturale et de ses chroniques, il est la mémoire du bourg du 19ème siècle. Se tourner vers le passé d'Audun, c'est rencontrer les tableaux de cet incontournable témoin audunois.
François Ponsin (ci-contre - autoportrait) est né le 17 mars 1845 à Audun d'un père ouvrier faïencier. Après l'école primaire, il est apprenti peintre chez un artisan d'Aumetz, puis ouvrier peintre à Metz. Après son service militaire effectué dans les Alpes, il est à Lyon. Dès la déclaration de guerre en 1870, il s'engage dans l'armée du Rhin. L'enchaînement rapide des défaites françaises ne lui donne pas l'occasion de se battre. 

Après un passage à Paris, il revient en 1874 à Audun, maintenant annexé à l'Empire allemand. Il se marie et vit modestement de sa petite entreprise de peinture. Dans le bourg, il se distingue par son franc-parler et affiche ses opinions de libre penseur et son aversion de l'occupant prussien. Il se refusera toujours à apprendre les rudiments de la langue allemande. Il se livre désormais à sa grande passion, la peinture artistique. Quelques années auparavant, il s'était exercé à la copie des grands maîtres Raphaël, Rubens et Reynolds, mais il se risque maintenant dans des compositions originales.

Il peint surtout des paysages et des portraits de son entourage et des clients de sa petite échoppe. Réaliste dans l'âme, ses tableaux sont toujours fidèles à ce que lui rapporte son regard. Il affectionne tout particulièrement les paysages naturels de ses environs. La vallée de l'Alzette trouve tout autant de grâce à ses yeux que les nouvelles usines sidérurgiques de ses rives (ci-dessus, l'usine le soir). 
Ici, il laisse plus d'une fois vagabonder son imagination et ses tableaux prennent alors de grandes libertés avec les réalités des lieux (ci-contre, une évocation des châteaux). Natures mortes, animaux et fleurs sont aussi des sujets qui l'inspirent. Il n'hésite pas à mettre à contribution une large palette de moyens techniques pour réaliser ses oeuvres : les dessins à la plume, au crayon, au fusain s'entremêlent avec les lavis, les aquarelles et les lithographies. 

L'artiste nous laisse aussi des écrits : une monographie en deux volumes sur Audun, une relation de la guerre de 1870 intitulée La petite guerre ou les Eclaireurs de la Seine en Province, une pièce en vers de cinq actes, des poésies et un recueil versifié des fables de La Fontaine traduites en patois lorrain. Il décède à Audun le 21 février 1915.

(Photos Ponsin : F.Pokrandt, texte inspiré de la bibliographie reprise sous l'onglet "Médias")



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